Le véhicule électrique est-il vraiment fait pour vous aujourd’hui ?

En 2016, près de 19 000 Français ont opté pour un véhicule électrique. Un chiffre qui ne relève pas du hasard ni d’un simple engouement passager : en deux ans, ce marché a explosé, progressant de 80 % sur les parts de marché. L’achat d’une voiture électrique séduit pour des motifs variés, réduire sa facture carburant, agir pour l’environnement ou tout simplement succomber à un modèle tendance. Pourtant, avant de signer, mieux vaut comprendre ce qui vous attend côté autonomie, recharge et budget. Si, comme tant d’autres, vous envisagez de changer de voiture tous les cinq ans, la question mérite réflexion. Voici 7 points clés à passer au crible avant de franchir le pas.

Pour vous aider à naviguer dans ce choix, voici la liste des sujets que nous allons explorer :

  • 1 Voiture électrique ou hybride ?
  • 2 #1 : Les voitures électriques sont-elles répandues ?
  • 3 #2 : Quelle voiture choisir ?
    • 3.1 Renault Zoé
    • 3.2 Nissan Leaf
    • 3.3 Peugeot Ion
  • 4 #3 : Comment recharger votre voiture électrique ?
    • 4.1 À la maison
    • 4.2 Dans la copropriété
    • 4.3 Sur le lieu de travail
    • 4.4 Aux bornes de recharge publiques
  • 5 #4 : Y a-t-il des aides et des subventions ?
    • 5.1 Le bonus écologique
    • 5.2 La reprise du constructeur
    • 5.3 Installation des bornes de recharge
    • 5.4 Assurance
  • 6 #5 : Comment limiter votre facture d’électricité avec une voiture électrique ?
  • 7 #6 : Y a-t-il des offres d’électricité adaptées pour la voiture électrique ?
  • 8 #7 : En fin de compte, quel budget prévoir ?

Voiture électrique ou hybride ?

Avant d’aller trop loin, mieux vaut savoir de quoi on parle : deux familles règnent aujourd’hui sur le marché, l’électrique pure et l’hybride. D’un côté, l’hybride combine moteur thermique et batterie, mais ne se branche jamais sur secteur. L’énergie ensuite restituée en ville vient des freinages et décélérations. Sitôt la vitesse retrouvée, le moteur essence (ou diesel) reprend le relais, tout comme sur une voiture conventionnelle.

De l’autre côté, la version 100 % électrique fait totalement l’impasse sur le carburant : toute l’énergie provient d’une batterie que l’on recharge, chez soi, sur borne publique, ou parfois au bureau. L’autonomie de ces modèles dépasse désormais régulièrement les 200 kilomètres, certaines dépassant les 400 km selon la version.

En marge se dessinent déjà de nouvelles options : des véhicules à hydrogène, où la pile à combustible génère de l’électricité sans émission autre que de la vapeur d’eau, mais aussi des électriques avec prolongateur thermique (poussé par un petit moteur essence en appoint) et l’hybride rechargeable, capable d’être branché pour rallonger ses parcours sans essence.

Les alternatives au thermique sont en pleine transformation. Pour l’instant, le marché balance surtout entre électriques et hybrides, mais la progression est rapide, et l’électricité s’annonce comme la grande favorite pour balayer le diesel d’antan.

Contrôler sa propre consommation devient alors crucial. Aujourd’hui, il existe de multiples outils, applications ou rapports personnalisés pour scruter où passe chaque kilowatt, ajuster ses habitudes ou repérer à l’avance les pics qui coûteront cher. La démarche est d’autant plus intéressante si vous possédez un compteur communicant chez vous.

#1 : Les voitures électriques sont-elles répandues ?

Pas question ici d’un phénomène rare ou réservé à quelques téméraires. En cinq ans, la progression des voitures électriques a laissé derrière elle le simple effet de mode. 2012 marquait à peine 6 000 immatriculations d’électriques en France. Cinq ans plus tard, ce chiffre frôle les 25 000. Rien d’anecdotique : la multiplication des stations de recharge a servi de levier, avec 15 000 points répertoriés dès 2017 et un objectif démesuré de 7 millions à horizon 2030.

Malgré plus de 39 millions de véhicules qui roulent encore à l’essence ou au gazole, la dynamique s’inverse doucement. Sur le plan mondial, le cap des 2 millions de ventes a été franchi en 2016. La Chine écrase la concurrence, suivie par les États-Unis, la Norvège et une poignée de pionniers européens. Politiques volontaristes, réglementation plus stricte et quotas de véhicules propres imposés : certains pays affichent déjà des statistiques hors norme, comme la Norvège avec un quart du parc électrique au-delà de 2016.

#2 : Quelle voiture choisir ?

Presque tous les constructeurs intègrent désormais un modèle électrique à leur catalogue. Le choix s’élargit année après année, tant sur le style que sur la polyvalence. Trois modèles dominent aujourd’hui le marché français, chacun ayant ses atouts.

Renault Zoé

La vedette hexagonale ? La Zoé, numéro un des ventes chez nous et sur le continent, avec plus de 15 000 exemplaires écoulés en 2017. Son terrain de prédilection reste la ville grâce à ses dimensions réduites, mais son autonomie affichée d’environ 400 km la rend séduisante pour les allers-retours quotidiens. Compter autour de huit heures pour une charge complète (entre 30 % et 100 % de la batterie). Le tarif d’entrée s’établit à 17 000 € environ, sans oublier la location de la batterie, qui varie selon le kilométrage envisagé, avec une fourchette de 40 à 119 € par mois.

Nissan Leaf

Plus spacieuse, la Nissan Leaf cible les familles cherchant à délaisser le moteur thermique. Elle propose cinq portes, 250 km d’autonomie, sept heures de charge complète et une conduite qui tranche avec le reste : une seule pédale permet d’accélérer, freiner et stopper la voiture. Le tout s’affiche à un peu moins de 20 000 €, avec la batterie incluse cette fois.

Peugeot Ion

Inspirée par l’ex-Peugeot 107, la Ion fut précurseur en France sur ce créneau. Sa limite : 150 km d’autonomie, ce qui la destine clairement à un usage urbain et périurbain. La recharge de 30 % à 100 % prend quatre heures. Le prix d’achat avoisine aussi les 20 000 €.

#3 : Comment recharger votre voiture électrique ?

À la maison

Pour nombre d’automobilistes, la recharge à domicile s’avère la plus simple et la plus confortable. Une prise électrique classique peut faire l’affaire, à condition qu’elle soit aux normes et bien protégée (la terre est impérative). En contrepartie, ce type de branchement rallonge les temps de charge. Pour gagner du temps et garantir la sécurité, beaucoup misent sur une prise renforcée ou, mieux encore, une wallbox. Ce boîtier intelligent réduit la durée de charge et peut se piloter à distance. Comptez quelque 600 € pour la fourniture ; certains constructeurs offrent la pose lors de l’acquisition du véhicule neuf.

Dans une copropriété

En logement collectif, la loi protège le droit d’installer une borne sur sa place de stationnement, sous conditions. Il suffit d’informer le syndic par courrier recommandé, en décrivant précisément les travaux, puis de faire porter le sujet à l’ordre du jour de la prochaine assemblée de copropriété (préavis : trois mois). Le syndic ne peut pas s’y opposer, mais s’assure simplement que l’installation respecte le règlement, et veille à réserver au moins 10 % des places du parking à la recharge électrique.

Sur le lieu de travail

Rien n’oblige un employeur à installer un point de recharge pour son personnel. Toutefois, certaines entreprises mettent en place des solutions, parfois même un remboursement partiel des frais de recharge pour encourager ce mode de déplacement. Ce coup de pouce dépendra largement de la politique de mobilité de votre employeur.

Aux bornes de recharge publiques

Les bornes accessibles à tous essaiment dans l’espace public, en voirie ou à proximité de centres commerciaux. L’accès se fait souvent sur abonnement ou via des badges proposés par différents réseaux. Chaque année, le maillage du territoire s’affirme, limitant les appréhensions sur l’autonomie et le risque de panne sèche loin de chez soi.

#4 : Y a-t-il des aides et des subventions ?

Malgré l’élargissement de l’offre en seconde main, acheter un véhicule électrique reste un acte engageant sur le plan financier. Heureusement, plusieurs dispositifs facilitent le passage à l’électrique.

Le bonus écologique

Ce soutien financier vise tout modèle neuf à faibles émissions de CO2. Il s’élève à 27 % du prix payé, avec un plafond de 6 000 €. Généralement, le concessionnaire l’intègre dans le calcul final à la vente.

La reprise constructeur

Plusieurs marques proposent la reprise de votre ancien véhicule si vous optez pour un modèle électrique neuf. Ce montant, moins attractif que de vendre soi-même, se cumule souvent au bonus écologique.

Subventions pour l’installation de bornes

Faire installer une borne chez soi peut ouvrir droit à une subvention couvrant jusqu’à la moitié de l’investissement, selon votre profil et le fournisseur.

Assurance

Passer à la motorisation électrique modifie aussi la donne côté assurance. Bon nombre de compagnies proposent aujourd’hui des contrats moins chers, avec des avantages spécifiquement dédiés aux conducteurs de véhicules électriques.

#5 : Comment limiter votre facture d’électricité avec une voiture électrique ?

La recharge complète d’un véhicule demande en moyenne six heures. Sans attention, cette addition peut vite grossir. Le premier réflexe consiste à recharger pendant les heures creuses pour profiter du meilleur tarif si votre contrat le permet.

Un autre point mérite vigilance : la puissance de votre compteur. L’ajout d’un véhicule sur le circuit domestique peut vous rapprocher du seuil maximal accepté par votre abonnement : dans ce cas, un ajustement à la hausse peut devenir inévitable, entraînant un supplément annuel.

#6 : Y a-t-il des offres d’électricité adaptées pour la voiture électrique ?

Devant le nombre croissant de véhicules branchés, les fournisseurs d’énergie diversifient leurs offres. Plusieurs proposent des abonnements pensés spécifiquement pour les propriétaires de voitures électriques.

  • Engie propose l’offre Elec’Car : prix réduit de moitié sur l’électricité la nuit, à condition d’avoir accès à l’option heures creuses ; l’électricité est annoncée « verte ».
  • Total Spring offre aussi 50 % d’électricité verte à tarif préférentiel la nuit, pour les foyers équipés d’un compteur Linky.
  • EDF mise sur le contrat Vert Electrique Auto, garantissant pendant trois ans un tarif nocturne abaissé de 40 %, sous réserve d’option heures creuses ou de compteur Linky.

#7 : En fin de compte, quel budget prévoir ?

Passer à l’électrique ne s’improvise pas : la liste des frais à anticiper mérite d’être examinée sans œillères. À prévoir dans le calcul : prix d’achat du véhicule neuf ou d’occasion (comptez entre 8 000 € et 20 000 €), location mensuelle de la batterie pour certains modèles (environ 159 € par mois), installation de la wallbox ou d’une borne (de 600 à 1 500 €), coûts de travaux d’aménagement, prix de la recharge (autour de 2,50 € tous les 100 km), et parfois abonnement à des réseaux privés de bornes.

Sur la durée, les gains s’esquissent peu à peu ; l’assurance tend à baisser, la dépense pour rouler chaque centaine de kilomètres reste inférieure à celle du carburant.

  • Les assurances offrent souvent des formules dédiées à tarifs avantageux
  • L’électricité présente un coût kilométrique inférieur à l’essence ou au gazole

À date, le choix d’un véhicule électrique séduit majoritairement en milieu urbain ou chez ceux qui gardent une voiture thermique en appoint. L’autonomie n’égale pas encore les plus endurantes des voitures classiques, mais la tendance s’accélère nettement et la couverture des bornes s’améliore au fil des mois.

Le carburant disparaît petit à petit au profit de la ligne électricité sur la facture, tandis que la qualité de l’air s’améliore et la santé publique bénéficie durablement de ce changement. Faire le saut, c’est aussi s’offrir une place dans cette transformation d’ampleur. Qui sait, la batterie de demain abritera peut-être de quoi stocker l’énergie solaire pour tout votre foyer.

Aussi, un œil attentif sur sa consommation et de bonnes habitudes de recharge dessinent les premiers contours d’un quotidien moins polluant, un pas concret vers une mobilité repensée.