Limiter son risque de cancer de l’œsophage au quotidien

4.8 / 5 ( 6 votes ) Le cancer de l’œsophage désigne une tumeur maligne qui prend racine dans la paroi du tube digestif. Malgré un lourd tribut en vies humaines, les progrès médicaux ont permis d’améliorer la survie depuis les années 1990. La radiothérapie figure aujourd’hui parmi les solutions thérapeutiques envisageables contre cette maladie.

Cancer de l’œsophage : points clés

D’après Santé Publique France, chaque année, 5 445 personnes apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer de l’œsophage. Le nombre de décès associés s’élève à 3 725. Le carcinome épidermoïde reste la forme la plus fréquemment rencontrée, même si l’adénocarcinome ne cesse de gagner du terrain.

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Les perspectives restent sombres dans la majorité des cas. Entre 2010 et 2015, la survie à 5 ans atteignait 20 % chez les femmes, 16 % chez les hommes. Pourtant, la survie nette à 10 ans a doublé en deux décennies, tous âges confondus. Chez les plus de 80 ans, elle stagne encore sous la barre des 10 %.

Quels sont les symptômes du cancer de l’œsophage ?

À ses débuts, le cancer de l’œsophage avance souvent masqué. Aucun signe marquant ne trahit sa présence. Les symptômes apparaissent surtout lorsque la tumeur se développe : épaississement de la paroi de l’œsophage, obstruction du passage vers l’estomac ou envahissement des tissus voisins.

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Le symptôme qui revient le plus souvent : la difficulté à avaler, parfois accompagnée de douleurs. À cela peuvent s’ajouter maux de gorge, perte de poids ou d’appétit, douleurs thoraciques ou dorsales, brûlures d’estomac, voix enrouée, toux persistante, hoquet, nausées, vomissements, fatigue, gênes digestives, régurgitations ou sensation d’inconfort.

Il faut garder à l’esprit que ces manifestations ne pointent pas toujours vers un cancer. Elles peuvent aussi signaler d’autres maladies. Mais si plusieurs d’entre elles surviennent, mieux vaut en parler à un professionnel de santé.

Diagnostic du cancer de l’œsophage

Comme pour toute tumeur, établir un diagnostic précis passe par différents examens. Le médecin traitant commence par un entretien détaillé : symptômes, antécédents personnels, histoire familiale. Si le doute subsiste, direction le spécialiste ou prescription d’investigations complémentaires.

Parmi les examens fréquemment mobilisés pour confirmer un cancer de l’œsophage, on retrouve :

  • un test sanguin ;
  • une endoscopie digestive haute ;
  • un transit œso-gastroduodénal ;
  • une échographie endoscopique ;
  • une biopsie.

Si le diagnostic est confirmé, d’autres examens permettent d’évaluer l’extension de la maladie, d’en préciser le stade, et d’orienter la prise en charge. Il peut s’agir :

  • d’un scanner PET ;
  • d’une scintigraphie osseuse ;
  • d’une IRM ;
  • d’examens cardiaques ou respiratoires ;
  • d’une thoracoscopie, d’une laparoscopie ou d’une bronchoscopie.

Traitements du cancer de l’œsophage

Le choix des traitements se discute en réunion pluridisciplinaire. Plusieurs options existent : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapies ciblées ou procédures endoscopiques. Selon le profil de la tumeur et le dossier médical du patient, ces approches peuvent être combinées pour maximiser les chances de réussite.

Chirurgie du cancer de l’œsophage

L’intervention la plus courante est l’œsophagectomie, qui consiste à retirer tout ou partie de l’œsophage ainsi que les ganglions lymphatiques proches. Parfois, une portion de l’estomac doit aussi être retirée.

Radiothérapie pour le cancer de l’œsophage

La radiothérapie s’inscrit parmi les traitements de référence pour cette maladie. Elle peut s’appliquer seule, mais le plus souvent en association avec la chimiothérapie (radiochimiothérapie concomitante). Elle peut être administrée avant ou après la chirurgie.

Les situations où la radiothérapie est particulièrement indiquée incluent :

  • lorsqu’une chirurgie n’est pas envisageable pour des tumeurs localisées ou localement avancées ;
  • en présence de certains types de cancers épidermoïdes localement avancés ;
  • avant la chirurgie pour des tumeurs localement avancées (radiothérapie néoadjuvante) ;
  • sous forme de curiethérapie afin d’atténuer les symptômes gênants de tumeurs avancées.

Pour traiter l’œsophage, la technique de référence reste la radiothérapie externe conformationnelle en 3D. Le protocole habituel prévoit des séances courtes, du lundi au vendredi, pendant plusieurs semaines. Toutes les modalités, rythme, durée, nombre de séances, doses, risques d’effets secondaires précoces ou tardifs, sont détaillées lors du premier rendez-vous avec le radiothérapeute.

Chimiothérapie du cancer de l’œsophage

La chimiothérapie peut être utilisée seule ou en parallèle de la radiothérapie. Elle peut intervenir avant la chirurgie (néoadjuvante) ou après (adjuvante).

On a recours à la chimiothérapie seule dans les situations suivantes :

  • en cas de récidive après une radiothérapie et impossibilité d’opérer ;
  • si l’état général ne permet pas d’autres traitements ;
  • si le patient ne souhaite pas bénéficier d’autres approches ;
  • si le cancer est avancé et que le principal objectif est le soulagement des symptômes (chimiothérapie palliative).

Thérapies ciblées

Dans certains cas, un traitement ciblé peut être prescrit, par exemple l’Herceptin (trastuzumab). Ce médicament vise une molécule spécifique présente à la surface des cellules cancéreuses, le plus souvent une protéine, ce qui permet de freiner la prolifération tumorale sans affecter les cellules saines.

Traitements endoscopiques

Les techniques endoscopiques visent à atténuer les symptômes invalidants des tumeurs avancées, ou dans certains cas, à traiter des lésions précancéreuses de l’œsophage.

Plusieurs gestes thérapeutiques sont regroupés sous cette appellation : ablation, administration de médicaments, laser, endoscopie. Cela inclut par exemple la résection muqueuse endoscopique, le traitement photodynamique, l’ablation par radiofréquence, la chirurgie laser, la dilatation œsophagienne, la pose de stent œsophagien ou encore l’électrocoagulation (coagulation au plasma d’argon).

Bibliographie

  • Institut national du cancer, Traitements du cancer de l’œsophage
  • Institut national du cancer, La prise en charge du cancer de l’œsophage
  • Santé Publique France, Survie des personnes atteintes du cancer en France1989-2018