Écrire la lettre P en arabe : astuces et exemples simples

Un détail qui échappe à beaucoup : la lettre P n’existe pas en arabe. Pas de compromis, pas de demi-mesure, ce son n’a tout simplement jamais franchi la porte de l’alphabet. Alors, comment l’évoquer, comment la contourner ? C’est ce que nous allons explorer concrètement, sans détours, exemples à l’appui.

L’alphabet arabe

L’alphabet arabe s’articule autour de 28 consonnes. Les voyelles courtes, elles, ne sont pas considérées comme des lettres à part entière. Ce sont des diacritiques, de petits signes placés au-dessus ou au-dessous des consonnes pour guider la prononciation. Au-delà de ces 28 lettres, on trouve aussi la Hamza. Ce signe, à part dans le paysage graphique, permet de produire les sons « A », « O » et « I » selon les voyelles courtes qui l’accompagnent.

Lettres absentes de l’alphabet arabe

Si la plupart des consonnes françaises trouvent un équivalent en arabe, quelques exceptions subsistent. Certaines lettres du français n’ont tout simplement pas de place dans l’alphabet arabe :

  • La lettre P : elle est fréquemment remplacée par un B. Ainsi, le mot « papa » devient « Baba ». Dans tout le Moyen-Orient, le son P pose problème, et il est courant qu’il disparaisse tout bonnement de la prononciation.
  • La lettre V : dans un mot comme « vase », le V se transforme en F dans la transcription arabe. Même si le son V est compréhensible pour la plupart des locuteurs, on optera toujours pour la lettre F à l’écrit.
  • La lettre G : suivie d’un « a » ou d’un « o » (comme dans « garage », « gorge »), la lettre G n’existe pas en tant que telle dans l’alphabet. Pourtant, selon les dialectes, les sons V et G sont parfaitement maîtrisés à l’oral.

Côté voyelles, une subtilité : la voyelle u, comme dans « tu », n’a pas d’équivalent direct en arabe. Chez les Syriens ou les Palestiniens, ce son devient souvent un « o ». Il n’est donc pas rare d’entendre « tou » à la place de « tu » dans un échange informel.

À l’inverse, un francophone se heurtera à des consonnes arabes qui lui sont étrangères. Voici quelques cas concrets :

  • Le son th de l’anglais, présent dans « think » ou « through », n’existe pas en français.
  • La lettre h aspiré (comme dans « how » en anglais) ne trouve pas non plus d’équivalent direct en français.
  • Le son kh se retrouve dans des langues comme l’allemand (« ch »), l’espagnol (« j » dans « Julio »), ou le néerlandais (« g » dans « gaan »). En arabe, il s’écrit خ, comme dans « Khadija », et se prononce différemment du simple K.
  • Le R roulé diffère du ر arabe, dont la prononciation varie selon les régions.
  • Certains sons et lettres propres à l’arabe ne trouvent tout simplement pas d’écho dans les langues occidentales.

Écrire les lettres arabes : les points clés

Un principe fondamental : l’arabe se lit et s’écrit de droite à gauche, à rebours de l’ordre français.

La forme d’une lettre diffère selon sa position dans le mot. Ce système donne à l’écriture arabe une grande fluidité, mais aussi de la complexité pour qui débute.

En pratique, la plupart des lettres arabes se connectent à leurs voisines, de droite comme de gauche. Toutefois, six lettres font bande à part : elles ne se lient jamais à la lettre suivante, c’est le cas par exemple du د (dal).

Voici comment s’organisent les différentes positions d’une lettre dans un mot :

  • Position initiale : en début de mot, la lettre n’est attachée à rien à droite, puisqu’elle ouvre le mot.
  • Milieu du mot : la lettre s’accroche des deux côtés, avant et après.
  • Position finale : à la fin du mot, elle n’est rattachée qu’à la lettre précédente.
  • Enfin, une lettre peut aussi rester isolée. Cela survient quand elle suit l’une des six lettres qui ne se lient jamais à gauche (comme و ou ر).

Pour visualiser concrètement ces différences, une vidéo pratique montre comment tracer la lettre B, K ou L en arabe : un bon point de départ pour s’approprier ces mouvements uniques.