Que penser de la téléconsultation ?

La téléconsultation est une nouvelle pratique qui a été remboursée depuis plusieurs mois par l’assurance maladie et qui soulève encore de nombreuses questions de la part des patients et des professionnels. En plus de sauver le système de soins de santé, la téléconsultation quotidienne permet également de gagner du temps et d’améliorer le suivi des patients les plus isolés. Mais qu’en pensent les médecins ? Medaviz révèle les derniers résultats des sondages d’opinion.

73 % des médecins pensent que la télémédecine fera partie de leur vie professionnelle quotidienne d’ici 2030 (1)

La télémédecine, et en particulier la téléconsultation par vidéoconférence, est considérée comme une technologie de l’avenir pour la grande majorité des praticiens. Medaviz facilite son accès en vous permettant de gérer vos rendez-vous, consultations et tous les échanges que vous pouvez avoir avec vos patients de manière sécurisée et confidentielle.

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Près d’un médecin sur deux, soit 45%, croient que les innovations technologiques permettront plus de temps pour le patient et pour la formation (1)

Cette économie de temps est déjà une réalité avec la téléconsultation et répond à une demande de la plupart des professionnels de la santé. En effet, 46 % des omnipraticiens disent qu’il leur est difficile de consacrer autant de temps qu’ils le souhaitent à leurs patients. Jusqu’à 76 % d’entre eux se plaignent d’une sursollicitation régulière sous forme d’appels, de courriels ou de SMS. (2)

La téléconsultation facilite la gestion administrative

Une consultation en personne dans le bureau prend en moyenne 18 minutes pour les médecins généralistes et 22 minutes pour les spécialistes (2). Tous les professionnels conviennent que ses consultations devraient durer plus longtemps. Les principales contraintes mentionnées étaient la gestion administrative et le nombre croissant de demandes de consultations. Grâce à la téléconsultation, les procédures sont facilitées. Comme la carte Vitale ne peut pas être lue à distance lors de la téléconsultation, il suffit de charger votre patient en mode Sésame dégradé. Sur côté paiement, le patient informe son IBAN sur Medaviz lorsqu’il s’est inscrit et est chargé lorsque l’acte est cité. Vos transactions sont donc contrôlées et sécurisées.

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Les médecins généralistes estiment qu’ils pourraient consacrer jusqu’à 20 % environ de leur temps hebdomadaire à la téléconsultation (2)

C’ est en tout cas ce que révèle cette enquête, avec une ventilation en 2/3 (environ 7 heures) au lieu de consultations et 1/3 (presque 3h30) en plus des heures actuellement consacrées à la pratique médicale. Ce temps supplémentaire permet de combler les créneaux actuellement inutilisés tout en s’attaquant au problème de la sursollicitation. Pour 70 % des médecins, la téléconsultation aide à mieux gérer le nombre de demandes de consultation et plus d’un médecin sur deux (59 %) croit qu’elle contribue à améliorer la prise en charge et le suivi des patients chroniques.

  1. Etude du MACSF, établie sur la base d’un questionnaire envoyé en mai 2018 à 8 000 médecins membres, de toutes spécialités et statuts (hôpital, employé, libérale, interne).
  2. Enquête Ipsos Santé, avril 2018, auprès de 157 généralistes et spécialistes dans toute la France.

Les avantages et limites de la téléconsultation pour les patients

La téléconsultation présente indéniablement des avantages pour les patients. Elle permet notamment d’éviter les déplacements inutiles, surtout en cas de maladies chroniques nécessitant un suivi régulier, et donc de limiter le temps d’attente dans une salle d’attente souvent bondée.

Elle permet aussi aux personnes vivant loin des centres médicaux ou ayant des difficultés à se déplacer (personnes âgées, handicapées…) d’accéder facilement à une consultation médicale sans contrainte géographique. La téléconsultation offre une plus grande flexibilité horaire grâce aux consultations disponibles en soirée ou le week-end.

Il faut noter que certains limitent l’utilisation de la téléconsultation par rapport à une consultation classique avec un médecin présent physiquement. Certains examens ne peuvent être réalisés lors d’une téléconsultation : prise de tension artérielle, auscultations…

La complexité du diagnostic peut amener le médecin traitant à demander au patient de venir consulter physiquement afin qu’il puisse effectuer des examens complémentaires ou poser son diagnostic avec plus de précision.

Même si cela concerne moins d’un tiers des répondants, selon une enquête, deux tiers sont réservés vis-à-vis de cette pratique, notamment sur sa fiabilité en termes diagnostiques.

Les enjeux éthiques et juridiques de la télémédecine : confidentialité et responsabilité médicale

La télémédecine soulève aussi des interrogations d’ordre éthique et juridique. La protection de la vie privée est un enjeu majeur dans ce domaine. Les consultations à distance nécessitent de transmettre des données médicales sensibles via internet, il faut donc s’assurer que ces données sont bien protégées.

Les professionnels de santé ont aussi une responsabilité légale importante concernant la qualité des soins dispensés lors d’une consultation à distance. Il leur incombe notamment de vérifier l’identité du patient et sa capacité à consentir aux actes qu’il va subir. Le médecin doit suivre les recommandations sur les bonnes pratiques pour garantir la sécurité et la confidentialité des données.

En cas d’erreur ou d’accident lors d’une téléconsultation, il peut être complexe de déterminer qui est responsable : le professionnel de santé, le fournisseur technologique utilisé ou encore l’utilisateur du service (le patient). Des règles doivent donc être élaborées afin que chaque partie prenante soit informée clairement quant aux risques encourus.

Malgré ces points essentiels à prendre en compte avant toute utilisation, il ne fait aucun doute que la télémédecine représente une alternative prometteuse permettant une prise en charge médicale adaptée au contexte actuel tout en réduisant les coûts sanitaires globaux pour notre société moderne.

La télémédecine : une solution pour les déserts médicaux ?

La télémédecine est aussi perçue comme une solution pour pallier les problèmes d’accès aux soins dans les zones rurales ou isolées. Effectivement, la France connaît depuis plusieurs années des déserts médicaux, où l’offre de soins est insuffisante par rapport à la demande.

La téléconsultation pourrait alors permettre aux patients vivant loin des centres hospitaliers de bénéficier de consultations avec des spécialistes sans avoir à se déplacer. Les professionnels de santé peuvent ainsi intervenir plus rapidement et facilement auprès des patients qui en ont besoin, tout en réduisant le temps d’attente pour obtenir un rendez-vous.

Cette solution peut aussi offrir une alternative intéressante pour les personnes souffrant d’un handicap ou dont l’état ne leur permet pas de se déplacer facilement. La télémédecine peut donc contribuer à réduire les inégalités territoriales face à la santé.

Il faut souligner que certaines pathologies nécessitent un examen physique complet afin d’établir un diagnostic précis, ce qui rend difficile voire impossible leur prise en charge entièrement en ligne. Il faut connaître la maladie concernée.

Si elle n’est pas encore généralisée ni acceptée uniformément par tous les acteurs du secteur sanitaire français, la télémédecine constitue une avancée majeure dans l’accès aux soins pour les personnes résidant dans des zones éloignées ou qui présentent des difficultés de mobilité. L’implémentation de cette pratique doit être encadrée avec rigueur et responsabilité afin d’éviter tout risque pour la santé publique.

Les freins à l’adoption de la téléconsultation par les professionnels de santé et les patients

Malgré les avantages indéniables de la téléconsultation, son adoption par les professionnels de santé et les patients se heurte encore à certains freins.

Pour les médecins généralistes ou spécialistes, l’utilisation des outils numériques peut représenter un investissement financier important. Effectivement, il leur faut disposer du matériel informatique adéquat ainsi que d’une connexion internet fiable pour garantir une qualité de consultation optimale.

La mise en place de cette pratique nécessite des adaptations non négligeables dans le processus organisationnel des cabinets médicaux. Les professionnels doivent savoir comment orienter leurs patients vers la téléconsultation s’ils sont éligibles et comment gérer techniquement ces consultations. Il faut aussi sensibiliser le personnel administratif aux nouveaux modèles économiques qui découlent de ce nouveau mode opératoire.

Côté patient, certains peuvent avoir peur que la qualité des soins soit moins bonne qu’en présence physique du praticien ou qu’ils ne disposent pas assez d’informations sur leur dossier médical lorsqu’ils consultent en ligne. La question tarifaire est aussi souvent soulevée, mais cela devrait être résolu avec l’avancée progressive vers une prise en charge systématique par l’Assurance maladie.

Il y a donc encore quelques réticences à lever chez les principaux acteurs concernés avant que la télémédecine ne se démocratise complètement en France et trouve sa place dans notre système de santé déjà bien garni en solutions innovantes.