Quand reprendre les essais après une fausse couche ?

Je n’avais absolument pas prévu de vous en parler sur le blog, je trouve le sujet très personnel, mais le fait de l’avoir évoqué demi-mot m’a fait recevoir plusieurs centaines de messages privés sur instagram, des gens qui avaient vécu la même chose récemment ou non, et me demandant comment j’avais réussi à le remplacer.

Tout d’abord, sachez qu’il n’y a pas de recette magique, nous vivons tous le deuil et vivons différemment, mais je vais vous parler de mon expérience, et comment j’ai réussi à la surperformer.

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1. Mon histoire…

Je suis tombée enceinte de nouveau le 8 juin 2018, et je l’ai réalisé le 21 juin du matin, avec un test faiblement positif (comme pour gustave), confirmé le lendemain par un nouveau test urinaire sans appel le lendemain. Je prenais le train pour rejoindre mes sœurs et ma mère à Londres, où nous allions assister au concert de Taylor Swift. En plus de vous dire que j’étais très heureux et que j’ai annoncé la bonne nouvelle à mes sœurs et à ma mère, ce soir-là, au Jardin & c’était très émouvant.

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Vite, j’ai été nausée. Je ne me sentais pas super bien pendant ce week-end alors que j’étais à peine à 4 SA… En revenant du week-end, j’ai fait un test sanguin qui a confirmé ma grossesse le même après-midi, nous étions heureux ! Néanmoins, j’étais très stressé pour cette grossesse, comme si je savais que quelque chose ne allait pas. Quelques jours plus tard, j’ai réalisé que j’avais perdu de petites gouttes de sang, alors j’ai demandé leur avis à mes amis qui m’ont conseillé d’aller à la maternité d’urgence où j’allais accoucher de toute façon (j’avais déjà pris tout mon rendez-vous très tôt, comme pour Gustave).

Aux Urgences, mon cauchemar a commencé… L’examen m’a révélé qu’il n’y avait pas eu de grossesse précoce dans mon utérus, mais le test sanguin a confirmé que la grossesse continuait d’évoluer. J’ai donc dû revenir 48 heures plus tard, et encore 48 heures plus tard pour que j’ai été confirmé que j’avais une grossesse précoce, avec retard. Nous avons vu un minuscule vésicule vitaline dans mon ventre, et j’ai dû revenir une semaine plus tard pour confirmer qu’elle grandissait. Je suis donc retourné une semaine plus tard, et nous avons vu un petit changement par rapport à la fois précédente. J’ai donc été conseillé d’aller voir un gyno en ville pour suivre cette grossesse, ce qui confirmera ou non une grossesse évolutive…

En attendant, outre le stress, j’ai eu d’énormes chutes de tension, je me souviens de l’épisode à la pharmacie d’avoir contrôlé ma pression artérielle qui était très basse. J’étais malade comme jamais, limite je faisais peur…

Une semaine plus tard, je me souviendrai toute ma vie, c’était un 17 juillet 2018, je devais être enceinte de 8 SA et le gynécologue qui m’a osculpé était sans appel : grossesse non évolutive. J’avais encore et toujours ce même petit point blanc dans mon ventre, mais aucune évolution depuis la semaine précédente. Pas de battement cardiaque, pas de petite tête d’embryon, bref, c’était fini pour moi.

J’ ai eu l’EVJF de mon meilleur ami 3 jours plus tard, que j’avais organisé pendant des mois, et afin de ne pas gâcher mes vacances, on m’a alors proposé d’attendre une expulsion naturelle, moins forte et contraignante qu’une aspiration ou la prise de médicaments.

Tant à vous dire que mon monde s’est effondré ce jour-là, et que je n’ai pas eu le courage de répondre au téléphone quand on m’a appelé réconfort, je voulais être seule avec mon chagrin. Le retour à ma maison était douloureux, j’ai essayé de ne pas pleurer dans les rues de Paris ou dans le métro, et c’est quand je suis rentré que je pleure dans les bras de Timothy (qui avait récupéré Gustave de la pépinière).

Photo de droite prise le lendemain de l’annonce de l’arrêt de ma grossesse. J’avais prévu ce tournage pendant longtemps que je ne voulais pas annuler, et j’étais vraiment mauvais… Cette photo transmet vraiment l’état d’esprit dans lequel j’étais à ce moment-là.

Ce qui m’a beaucoup aidé à ce moment-là, c’était d’en parler ouvertement avec mes amis, et de réaliser que presque tous étaient passés par là, ou connaissaient quelqu’un à qui il était arrivé. JE ont également demandé conseil à un ami gynécologue, qui m’a appris à y être allé aussi et qui m’a également conseillé d’attendre naturellement que cela arrive, de pouvoir profiter des vacances et de pouvoir me baigner, par exemple…

J’ ai donc suivi ces conseils et je suis allé profiter de l’EVJF de mon BFF à Séville. Heureusement, nous étions entre filles, il était agréable et chaleureux, la maison que nous avons loué superbe et… J’ai commencé à avoir de grosses douleurs le premier après-midi. Je pensais que c’était le signal, j’allais faire ma fausse couche là-bas… mais non, je n’ai eu que quelques saignements qui se sont arrêtés rapidement. Et je poursuivais cette EVJF comme si rien ne l’était.

Sur le chemin de son retour à Paris, la vie continua. Nous sommes allés en vacances dans le Var, et j’étais clairement déprimé. Comment profiter de mes vacances alors que j’ai un embryon mort dans le ventre ? Cet été, j’ai fait beaucoup de sourire pour les photos, mais je pleurais à l’intérieur. 3 semaines après l’annonce de ma fin de grossesse, j’ai pris rendez-vous avec la femme sage qui avait pris soin de ma réhabilitation du périnée dans le sud, je savais qu’elle avait une machine pour l’échographie, et elle ne voulait pas me quitter. J’ai dû prendre les fameux médicaments pour expulser l’embryon parce que j’allais bientôt traverser la France pour aller à Noirmoutier et elle avait peur que le travail ne se produise pendant le voyage. Je ne voulais pas partir tout de suite, nous sommes d’abord allés nous offrir une journée de détente absolue avec massage et SPA, et nous sommes allés aux urgences à Grasse le lendemain pour obtenir enfin ces médicaments. Après un nouvel écho, et ayant subi une attente devant les femmes enceintes qui allaient accoucher, je suis rentré chez moi avec ces précieux médicaments, à prendre avec 12 heures d’intervalle et qui marchaient dans une demi-heure après avoir pris le deuxième timbre. Je ne vais pas te mentir, c’était extrêmement douloureux.

Je pensais que j’allais mourir, c’était pire que quand j’avais mes contractions de déclenchement ! Je me suis tordu dans la douleur, j’ai crié pendant 3 heures, j’ai pleuré tous les larmes de mon corps, à la fois pour dire au revoir à ce bébé que je ne saurais jamais, et en même temps soulagé parce qu’il s’est terminé et j’allais enfin pouvoir passer à autre chose…

Et c’est fou parce que la douleur s’est arrêtée aussi vite qu’elle est venue. Timothy était à mes côtés, essayant de me calmer. Je croyais que c’était derrière moi…

Nos vacances à Noirmoutier s’est passablement bien passé, je ne pouvais pas me baigner pendant au moins 10 jours, et ce n’était pas pire, j’avais besoin de me reposer. À mon retour à Paris, j’ai dû revisiter un écho de contrôle, pour vérifier que tout était parti et que c’était le début d’un parcours de looooong…

2. La longue reconstruction

… parce que tout n’était pas parti quand le timbre a été pris. On m’a donc conseillé d’attendre le prochain cycle, qui est arrivé très bien à minuit, le jour du mariage de mon BFF. Seulement ici… J’avais des règles tous les 15 jours à partir de maintenant. J’étais épuisé, je savais quelque chose ne va pas. Nous étions presque à la fin d’octobre, près de deux mois et demi après la prise de médicaments. Je suis allé chez un médecin généraliste à qui j’ai raconté tout ce qui s’était passé, et qui a appelé l’hôpital pour parler de mon problème et m’a donc donné rendez-vous trois jours plus tard. La personne qui m’a ausculté à l’hôpital était très ennuyeux pour moi. La muqueuse est restée, ce qui expliquerait le saignement régulier mais ne voulait pas exercer l’aspiration, pour éviter le risque d’infection.

Deux semaines après ce rendez-vous, la pointe de la muqueuse est sortie. J’étais à Amsterdam pour le travail et j’ai eu un tournage important le lendemain… J’ai immédiatement compris ce que c’était, et je pleurais pour être soulagé. Un rendez-vous avec l’échographie de ma femme sage m’a confirmé plus tard que tout était en ordre…

Nous étions à la mi-Novembre, 4 mois après le diagnostic de cette fameuse grossesse arrêtée, et 3 mois et quelques après la fausse couche causée. En attendant, je voulais mon corps beaucoup pour ne pas avoir réussi à « expulser » l’embryon ; car il n’avait pas ouvert pour Gustave. Quel était le problème avec moi ?

Mais je remercie aussi parce qu’il m’a permis de tomber enceinte à nouveau le cycle après, pas en 2018, cette année difficile pour moi, mais le 1er janvier 2019, comme une promesse d’un avenir meilleur.

Pour tout vous dire, ce qui m’a permis de m’accrocher tout au long de ces mois, c’est de me dire que j’étais la statistique. Quant à la césarienne (1 naissances sur 5 en France), elle était tombée sur moi. Que cela est arrivé à beaucoup de gens, que c’était malheureusement le cycle de vie et que ce n’était pas un embryon viable. C’est très bas sur terre comme raisonnement, mais c’est sincèrement ce qui m’a aidé. Et d’en parler ouvertement aussi. Je suis content de l’avoir fait parce que c’était la meilleure thérapie. Et en toute honnêteté, avoir un enfant m’a déjà fait tenir, je pense que ma réaction aurait été tout à fait différente si ce n’était pas le cas…

Donc, si cela vient d’arriver à vous et à vous rencontrer cet article, sachez que vous n’êtes pas seul dans votre malheur. Beaucoup en parlent pas par modestie, mais vous comprenez <3 Le temps sera votre ami, pleurer, en parler, prendre soin de voussurtout.

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